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Passagers clan­des­tins — Teresa Castro : Le cinéma et quel­ques-unes de ses fables végé­ta­les (Discussion)

[Paris • France] 

 

Au cinéma, le végé­tal s’anime : les arbres dan­sent, les cham­pi­gnons fré­mis­sent et les fleurs tour­noient. Grâce à ses res­sour­ces expres­si­ves et à sa puis­sance fabu­la­trice, le cinéma – médium de la moder­nité et avatar de l’objec­ti­vité – devient ainsi, et para­doxa­le­ment, le divul­ga­teur de « l’âme végé­tale », bou­le­ver­sant les fron­tiè­res du vivant et engen­drant des inten­tion­na­li­tés plus ou moins sur­pre­nan­tes. En par­tant de quel­ques exem­ples très divers, du cinéma scien­ti­fi­que aux films de série B, cette pré­sen­ta­tion se pro­pose d’explo­rer quel­ques-unes des fables végé­ta­les fabri­quées par le cinéma, en met­tant l’accent sur la façon dont celles-ci asso­cient par­fois le végé­tal et le fémi­nin.

 

Teresa Castro est Maître de confé­ren­ces en études ciné­ma­to­gra­phi­ques et audio­vi­suel­les à l’uni­ver­sité Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Ancienne cher­cheuse post-doc­to­rante au musée du quai Branly et au Max Planck Institute for the History of Science de Berlin, elle a publié La pensée car­to­gra­phi­que des images. Cinéma et culture visuelle (2011) et codi­rigé avec Maria do Carmo Piçarra (Re)ima­gi­ning African Independence : Film, Visual Arts and the Fall of the Portuguese Empire (2017). Sa recher­che actuelle porte sur les liens entre cinéma et ani­misme.

[Paris • France]

 

À l’époque où la bota­ni­que fai­sait partie inté­grante des explo­ra­tions trans­at­lan­ti­ques, la jeune pay­sanne et her­bo­riste Jeanne Baret se tra­ves­tis­sait en valet de son maitre et amant, le bota­niste Philibert Commerson, et embar­quait à bord de L’Étoile, l’un des navi­res de l’expé­di­tion de Bougainville (1766-1769). Voyageuse impé­riale, ce per­son­nage clé de l’expo­si­tion de Candice Lin, A Hard White Body (Un corps blanc exquis), occupe une place trou­ble et ambi­guë : par son voyage, elle reven­di­quait la pos­si­bi­lité d’un hori­zon de vie alors défendu aux femmes. Cependant, elle contri­buait par là à l’entre­prise impé­riale de conquête du monde ainsi qu’à la colo­ni­sa­tion du savoir par la clas­si­fi­ca­tion des plan­tes qu’elle col­lec­tait dans les Amériques et les îles de l’océan Indien.

 

L’acti­vité de Baret amène au cœur de la connexion entre plan­tes et empire, entre projet occi­den­tal et mas­cu­lin de domi­na­tion et résis­tan­ces rusées, mul­ti­ples et pra­ti­ques. Établissant des connexions trans­at­lan­ti­ques, les voya­ges d’explo­ra­tions ne se résu­maient jamais à des cir­cu­la­tions à sens unique. Au contraire, parmi les pas­sa­gers clan­des­tins se trou­vent outre les humains voya­geant en cachette, ou sous cou­vert d’une iden­tité emprun­tée, des grai­nes, des semen­ces, des bac­té­ries et virus, des plan­tes et ani­maux qui se dis­sé­mi­nent de part et d’autres de l’océan. Puissances indomp­ta­bles, ces corps sans pas­se­ports ni fiche d’inven­taire débor­dent la volonté de mai­trise, se par­sè­ment, s’incrus­tent et se démul­ti­plient en inte­rac­tion avec leurs terres d’accueil.

Bathing in Contagious Liquids — Discussion autour du film « Maldito sea tu nombre, liber­tad »

[Paris • France]

 

[ Son en français et en anglais ]

 

17h30 Élisabeth Lebovici et Clara López Menéndez échangeront autour du film de Vladimir Ceballos, des « liqui­des pré­cieux » ana­ly­sés par Lebovici dans son récent ouvrage Ce que le sida m’a fait : art et acti­visme à la fin du XXe siècle (Paris, Les pres­ses du réel, 2017), et de la poro­sité, la fra­gi­lité et la rela­tion­na­lité des corps.

 

La confron­ta­tion entre le bloc capi­ta­liste et le bloc com­mu­niste a pris fin en 1989. Alors que Cuba, hau­te­ment dépen­dante du sou­tien sovié­ti­que, en a été for­te­ment dés­ta­bi­li­sée, le gou­ver­ne­ment de Fidel Castro a raf­fermi son insis­tance sur les valeurs socia­lis­tes telles que défi­nies par le parti. Celles-ci contras­taient avec les goûts musi­caux et esthé­ti­ques de jeunes cubain.es pas­sioné.es de rock appelé.es roquer@s, consi­déré.es par les auto­ri­tés comme por­tant l’indi­vi­dua­lisme et la disi­den­cia, et sévè­re­ment réprimé.es en consé­quence.

 

En réponse au har­cè­le­ment poli­cier envers cette sub­culture, plu­sieurs de ses mem­bres ont décidé de s’ino­cu­ler volon­tai­re­ment le VIH pour échapper au ser­vice mili­taire, au tra­vail forcé ou à l’empri­son­ne­ment. Ils et elles ont vécu leurs cour­tes vies dans les sana­to­riums créés par le gou­ver­ne­ment cubain pour conte­nir l’épidémie. Maldito sea tu nombre, liber­tad est un pré­cieux docu­ment attes­tant de ce phé­no­mène comme d’une réponse à la répres­sion poli­ti­que. Tourné en secret avec peu de moyens le temps d’un week-end dans la pro­vince cubaine de Pinar del Río en 1994, ce film pré­sente une des quel­ques rares traces de cette tra­gé­die sociale com­plexe.

[Paris • France]

 

[ Son en français et en anglais ]

 

15h30 Introduction et mot de bien­ve­nue par Lotte Arndt et Lucas Morin (com­mis­sai­res de l’expo­si­tion)

 

Dans l’expo­si­tion de Candice Lin, des liqui­des en cir­cu­la­tion lient corps animés et ina­ni­més, fai­sant réson­ner des récits dis­tants en appa­rence. L’océan Atlantique, pré­sent à tra­vers les his­toi­res déve­lop­pées dans l’expo­si­tion, contient la mémoire des afri­cain.e.s escla­va­gisé.e.s jeté.e.s par dessus bord par les négriers, vou­lant ainsi tou­cher des primes d’assu­rance. C’est ce même océan que l’écrivain James Baldwin a tra­versé pour s’éloigner pen­dant des années du racisme sys­té­mi­que pré­va­lant aux Etats-Unis et le dénon­cer en se concen­trant sur l’écriture.

Les liqui­des cons­ti­tuent les corps et en brouillent les limi­tes. Dans l’espace d’expo­si­tion, un mélange de pisse dis­til­lée, d’eau de la Seine et de plan­tes infu­sées est pompé vers un sys­tème de bru­mi­sa­tion qui main­tient une cham­bre en por­ce­laine non-cuite dans un état d’humi­dité. L’air moite et odo­rant pro­duit par ce sys­tème emplit la pièce et met en jeu tous les corps pré­sents, indif­fé­rem­ment de leur statut d’ani­méité.

 

Les tra­vaux des inter­ve­nan­tes invi­tées por­tent sur les liqui­des et leurs usages artis­ti­ques, en par­ti­cu­lier l’impact de l’épidémie de sida, ainsi que les pra­ti­ques queer et fémi­nis­tes dans le champ de l’art et au-delà.

Résidences pré­cai­res (Precarious Homes) — Discussion autourdu film « Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) »

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

17h30 Discussion autour du film « Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) » d’Aykan Safoğlu, TUR/GER 2013, turc sous-titré anglais, 24 min

 

Dans cet essai fil­mo­gra­phi­que dense, Aykan Safoğlu entre­mêle des éléments du récit datant de l’époque où James Baldwin résida en Turquie avec des éléments auto­bio­gra­phi­ques. Entre 1961 et 1971, l’écrivain Noir amé­ri­cain a passé une partie impor­tante de son temps en Turquie, lui offrant l’espace néces­saire pour se consa­crer à l’écriture. Bien qu’il fut cha­leu­reu­se­ment accueilli par ses amis turcs, par la com­mu­nauté d’artis­tes et d’écrivain.e.s, il fit également l’expé­rience du racisme et fut sévè­re­ment battu durant son séjour. Comme le sug­gère Magdalena J. Zaborowska dans son étude des liens tissés par Baldwin en Turquie, ses séjours lui ont permis de « se réin­ven­ter en tant qu’écrivain Noir et queer et de reconsi­dé­rer sa concep­tion de l’iden­tité amé­ri­cain et des rela­tions racia­les états-unien­nes alors que les années 60 tou­chaient à leur fin. » Safoğlu lui même gran­dit à Istanbul dans les années 1980 et 1990. À l’âge adulte, il quitta la Turquie pour Berlin, ville qui lui pro­cura davan­tage de pos­si­bi­li­tés pour com­bler ses aspi­ra­tions d’artiste queer, mais fut exposé à la pré­ca­rité des permis de rési­dence de courte durée et au racisme en Allemagne.

 

À partir d’archi­ves, le réa­li­sa­teur entre­lace les évolutions artis­ti­ques de Baldwin, des repré­sen­ta­tions de l’écrivain par des artis­tes (parmi les­quel­les l’un des célè­bres tableaux de Beauford Delaney, et une pho­to­gra­phie de Sedat Pakay), et des traces de son enfance et de son ado­les­cence. Des stra­té­gies de résis­tance face au racisme et à l’homo­pho­bie sont pré­sen­tes dans ce récit. Alors que Safoğlu pointe l’attrait pour la blan­cheur et la blon­deur pré­sent dans la culture popu­laire turque et amé­ri­caine des années 1990 ; il prend cons­cience du conflit qui existe entre ses pro­pres désirs sexuels et les repré­sen­ta­tions hété­ro­nor­ma­ti­ves. Sur son statif de repro­duc­tion, Safoğlu initie un dia­lo­gue trans­his­to­ri­que avec Baldwin per­met­tant de faire réson­ner les choix et les expé­rien­ces de l’écrivain avec les siens.

 

Récompensé au Festival International du Court-Métrage de Oberhausen en 2013. Le film pro­jeté a été sélec­tionné par Clara López Menéndez.

Résidences pré­cai­res (Precarious Homes) — Introduction du film Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips)

[Paris • France]

 

[ Son en anglais ]

 

17h00 Projection de Kirik Beyaz Laleler (Off-White Tulips) d’Aykan Safoğlu, TUR/GER 2013, turc sous-titré anglais, 24 min

 

Dans cet essai fil­mo­gra­phi­que dense, Aykan Safoğlu entre­mêle des éléments du récit datant de l’époque où James Baldwin résida en Turquie avec des éléments auto­bio­gra­phi­ques. Entre 1961 et 1971, l’écrivain Noir amé­ri­cain a passé une partie impor­tante de son temps en Turquie, lui offrant l’espace néces­saire pour se consa­crer à l’écriture. Bien qu’il fut cha­leu­reu­se­ment accueilli par ses amis turcs, par la com­mu­nauté d’artis­tes et d’écrivain.e.s, il fit également l’expé­rience du racisme et fut sévè­re­ment battu durant son séjour. Comme le sug­gère Magdalena J. Zaborowska dans son étude des liens tissés par Baldwin en Turquie, ses séjours lui ont permis de « se réin­ven­ter en tant qu’écrivain Noir et queer et de reconsi­dé­rer sa concep­tion de l’iden­tité amé­ri­cain et des rela­tions racia­les états-unien­nes alors que les années 60 tou­chaient à leur fin. » Safoğlu lui même gran­dit à Istanbul dans les années 1980 et 1990. À l’âge adulte, il quitta la Turquie pour Berlin, ville qui lui pro­cura davan­tage de pos­si­bi­li­tés pour com­bler ses aspi­ra­tions d’artiste queer, mais fut exposé à la pré­ca­rité des permis de rési­dence de courte durée et au racisme en Allemagne.

 

À partir d’archi­ves, le réa­li­sa­teur entre­lace les évolutions artis­ti­ques de Baldwin, des repré­sen­ta­tions de l’écrivain par des artis­tes (parmi les­quel­les l’un des célè­bres tableaux de Beauford Delaney, et une pho­to­gra­phie de Sedat Pakay), et des traces de son enfance et de son ado­les­cence. Des stra­té­gies de résis­tance face au racisme et à l’homo­pho­bie sont pré­sen­tes dans ce récit. Alors que Safoğlu pointe l’attrait pour la blan­cheur et la blon­deur pré­sent dans la culture popu­laire turque et amé­ri­caine des années 1990 ; il prend cons­cience du conflit qui existe entre ses pro­pres désirs sexuels et les repré­sen­ta­tions hété­ro­nor­ma­ti­ves. Sur son statif de repro­duc­tion, Safoğlu initie un dia­lo­gue trans­his­to­ri­que avec Baldwin per­met­tant de faire réson­ner les choix et les expé­rien­ces de l’écrivain avec les siens.

 

Récompensé au Festival International du Court-Métrage de Oberhausen en 2013. Le film pro­jeté a été sélec­tionné par Clara López Menéndez.

[Paris • France]

 

[Son en anglais]

15h45 Accueil et intro­duc­tion avec Lotte Arndt, Lucas Morin (com­mis­sai­res de l’expo­si­tion) et Regina Barunke (Temporary Gallery, Cologne)

 

La décla­ra­tion de James Baldwin selon laquelle il ne se sen­tait chez lui que là où il était étranger atteste de son expé­rience pro­lon­gée de non-appar­te­nance. Ses dépla­ce­ments fré­quents en dehors des Etats-Unis, ses exils et ses voya­ges appa­rais­sent comme des stra­té­gies pré­cai­res pour échapper au racisme et à l’homo­pho­bie, sans jamais y par­ve­nir. Son désir de sta­bi­lité domes­ti­que, jamais plei­ne­ment assouvi, était inti­me­ment lié aux dis­cri­mi­na­tions racis­tes sys­té­mi­ques comme indi­vi­duel­les, et aux efforts inces­sants qu’il déploya pour lutter contre celles-ci.

Au-delà des États-Unis, les séjours étendus de l’écrivain à Paris, à Istanbul et à Saint-Paul-de-Vence for­mè­rent des étapes plus ou moins hos­pi­ta­liè­res, au cours des­quel­les des ami­tiés fortes se cons­ti­tuaient, le sou­la­geant momen­ta­né­ment de ses souf­fran­ces émotionnelles et socia­les, des contrain­tes col­lec­ti­ves et indi­vi­duel­les.

 

Dans les écrits de Baldwin, le foyer est décrit comme le résul­tat pré­cieux et pré­caire d’un enga­ge­ment émotionnel auda­cieux, défiant les normes, et moquant les caté­go­ries et les tabous raciaux et sexuels. Un don de soi qu’il décrit dans La Chambre de Giovanni comme « la puan­teur de l’amour ». Les ras­sem­ble­ments noc­tur­nes débor­dants qui avaient lieu sur la ter­rasse de sa maison en Provence ont ins­pi­rés The Welcome Table, l’un de ses der­niers textes, laissé ina­chevé. Aujourd’hui menacé par la cons­truc­tion d’appar­te­ments de luxe, l’endroit abri­tait une com­mu­nauté cons­ti­tuée par des pro­ches et des inconnu.e.s deve­nant ami.e.s, pas­sant leurs nuits à dis­cu­ter, à se confron­ter, à se réconci­lier en pre­nant soin les un.e.s des autres.

 

Les artis­tes par­ti­ci­pant à cet événement public ont choisi de se rap­por­ter à Baldwin à partir d’affi­ni­tés électives, de faire réson­ner leurs tra­jec­toi­res dia­spo­ri­ques avec les erran­ces qui jalon­nè­rent la vie de l’écrivain, et de négo­cier les fron­tiè­res per­pé­tuel­le­ment chan­gean­tes des attri­bu­tions racia­les et des désirs sexuels.

[Les Lilas • France]

 

The Centre audiovisuel Simone de Beauvoir and its research group Travelling féministe, together with Espace Khiasma, are jointly organising a seminar on the dialogue, controversy and complex relations between Stuart Hall’s work, British cultural studies and transnational feminism over the last 30 years. The seminar will have the privilege to host filmmakers John Akomfrah and Lina Gopaul, founding members of the Black Audio Film Collective. John Akomfrah’s recent film, The Stuart Hall Project (2013), will be screened the evening preceding the seminar at MK2 Beaubourg cinema, thereby introducing several of the topics that will be at the heart of the discussion itself.The Centre audiovisuel Simone de Beauvoir and its research group Travelling féministe, together with Espace Khiasma, are jointly organising a seminar on the dialogue, controversy and complex relations between Stuart Hall’s work, British cultural studies and transnational feminism over the last 30 years. The seminar will have the privilege to host filmmakers John Akomfrah and Lina Gopaul, founding members of the Black Audio Film Collective. John Akomfrah’s recent film, The Stuart Hall Project (2013), will be screened the evening preceding the seminar at MK2 Beaubourg cinema, thereby introducing several of the topics that will be at the heart of the discussion itself.

 

Despite cultural studies’ analyses of how power is exercised through culture in general, the predominantly male scholars of the Birmingham School were hostile towards feminist critiques in the 1970s, a few years after the School had been established – so much so that feminists termed the topics that the Centre worked on as “boyzone”. At the same time, too few feminist movements attempted to articulate together the situations of white and racialised women. Their chief demands often universalised the social conditions of white middle-class women.

 

We would like to invite a small group of contemporary thinkers to build a conversation on the complex relations and mutual influences that transnational feminism and interdisciplinary Cultural Studies have held, especially within the research carried out by Stuart Hall and his colleagues from the mid-1960s onwards. How have Western and transnational feminists within cultural studies negotiated boundaries constructed by racialisation and the hegemony of whiteness? How has the work of Stuart Hall – who quickly became a significant intellectual reference for many of the British black arts movement’s artists and filmmakers in the 1980s and 90s – been read in relation to the concept of intersectionality that provides the foundation for decentring normative feminisms and challenging the white male as the normative subject of Western imagination? What strategies can be found, within the transversal practices of collectives bringing together artists, activists and academics in the 1980s black arts movement, to resist individualising tendencies within contemporary art and find the inspiration to build future alliances?

 

Recorded at Espace Khiasma, 10th June 2016.
Mixed by Esther Porylès

Production: Khiasma, Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe), with the support of INHA.

Proposed by Nataša Petrešin-Bachelez, in collaboration with Lotte Arndt and Olivier Marboeuf.
With John Akomfrah and Lina Gopaul (filmmakers and producers / Smoking Dogs), Elsa Dorlin (researcher and professor, Paris 8), Nana Adusei-Poku (researcher and professor at Rotterdam University), Jamika Ajalon (artist, musician, poet), Sophie Orlando (researcher, Black Artists and Modernism laboratory, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (Global South(s) chair at the Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (theorician and professor at the École Supérieure d’Art et Design de Valence) and Sonia Khurana (artist).

Discussions moderated by Nataša Petrešin-Bachelez (curator and writer for l’Internationale online), Lotte Arndt, Olivier Marboeuf and Giovanna Zapperi (art historian, professor at the école nationale supérieure d’Art de Bourges).

Beyond division lines. Transnational feminism and cultural studies. 1/4

[Les Lilas • France]

 

The Centre audiovisuel Simone de Beauvoir and its research group Travelling féministe, together with Espace Khiasma, are jointly organising a seminar on the dialogue, controversy and complex relations between Stuart Hall’s work, British cultural studies and transnational feminism over the last 30 years. The seminar will have the privilege to host filmmakers John Akomfrah and Lina Gopaul, founding members of the Black Audio Film Collective. John Akomfrah’s recent film, The Stuart Hall Project (2013), will be screened the evening preceding the seminar at MK2 Beaubourg cinema, thereby introducing several of the topics that will be at the heart of the discussion itself.The Centre audiovisuel Simone de Beauvoir and its research group Travelling féministe, together with Espace Khiasma, are jointly organising a seminar on the dialogue, controversy and complex relations between Stuart Hall’s work, British cultural studies and transnational feminism over the last 30 years. The seminar will have the privilege to host filmmakers John Akomfrah and Lina Gopaul, founding members of the Black Audio Film Collective. John Akomfrah’s recent film, The Stuart Hall Project (2013), will be screened the evening preceding the seminar at MK2 Beaubourg cinema, thereby introducing several of the topics that will be at the heart of the discussion itself.

 

Despite cultural studies’ analyses of how power is exercised through culture in general, the predominantly male scholars of the Birmingham School were hostile towards feminist critiques in the 1970s, a few years after the School had been established – so much so that feminists termed the topics that the Centre worked on as “boyzone”. At the same time, too few feminist movements attempted to articulate together the situations of white and racialised women. Their chief demands often universalised the social conditions of white middle-class women.

 

We would like to invite a small group of contemporary thinkers to build a conversation on the complex relations and mutual influences that transnational feminism and interdisciplinary Cultural Studies have held, especially within the research carried out by Stuart Hall and his colleagues from the mid-1960s onwards. How have Western and transnational feminists within cultural studies negotiated boundaries constructed by racialisation and the hegemony of whiteness? How has the work of Stuart Hall – who quickly became a significant intellectual reference for many of the British black arts movement’s artists and filmmakers in the 1980s and 90s – been read in relation to the concept of intersectionality that provides the foundation for decentring normative feminisms and challenging the white male as the normative subject of Western imagination? What strategies can be found, within the transversal practices of collectives bringing together artists, activists and academics in the 1980s black arts movement, to resist individualising tendencies within contemporary art and find the inspiration to build future alliances?

 

Recorded at Espace Khiasma, 10th June 2016.
Mixed by Esther Porylès

Production: Khiasma, Centre Simone de Beauvoir (Travelling féministe), with the support of INHA.

Proposed by Nataša Petrešin-Bachelez, in collaboration with Lotte Arndt and Olivier Marboeuf.
With John Akomfrah and Lina Gopaul (filmmakers and producers / Smoking Dogs), Elsa Dorlin (researcher and professor, Paris 8), Nana Adusei-Poku (researcher and professor at Rotterdam University), Jamika Ajalon (artist, musician, poet), Sophie Orlando (researcher, Black Artists and Modernism laboratory, Chelsea/Middlesex University), Françoise Vergès (Global South(s) chair at the Collège d’études mondiales, FMSH, Paris), Lotte Arndt (theorician and professor at the École Supérieure d’Art et Design de Valence) and Sonia Khurana (artist).

Discussions moderated by Nataša Petrešin-Bachelez (curator and writer for l’Internationale online), Lotte Arndt, Olivier Marboeuf and Giovanna Zapperi (art historian, professor at the école nationale supérieure d’Art de Bourges).