https://polychrome-edl.fr — INTEMPESTIF, FENÊTRE SUR CORPS, TABLE DE DISSECTION DES STÉRÉOTYPES, PALETTE DE CONTRE-CULTURES, POLYCHROME PROPOSE DES ÉVÉNEMENTS AUTOUR DES REPRÉSENTATIONS DU CORPS, DU DÉSIR ET DU GENRE. N’AYEZ CRAINTE, LA FLÂNERIE, MÊME SANS GARDE-FOU, NE MÈNE FINALEMENT… QU’AILLEURS.https://polychrome-edl.fr — INTEMPESTIF, FENÊTRE SUR CORPS, TABLE DE DISSECTION DES STÉRÉOTYPES, PALETTE DE CONTRE-CULTURES, POLYCHROME PROPOSE DES ÉVÉNEMENTS AUTOUR DES REPRÉSENTATIONS DU CORPS, DU DÉSIR ET DU GENRE. N’AYEZ CRAINTE, LA FLÂNERIE, MÊME SANS GARDE-FOU, NE MÈNE FINALEMENT… QU’AILLEURS.
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L’atelier The Poem is a Hormone* est un projet conçu par Claire Finch, un cycle d’ateliers de piratage littéraire queerféministe, un partage d’armes textuelles. Comment faire exploser l’imaginaire ? Comment fabriquer une littérature qui sera lue après l’apocalypse queer et féminste ? Comment construire nos textes et nos corps sur les ruines des textes canoniques et les résidus des savoirs dominants ? Dans cet atelier nos explorons ses potentiels politiques à travers les techniques de piratage, de plagiat, de vol, de détournement. Nous sommes gavéEs sans cess d’un langage qui exerce un puissance sur nous ; ici nous jouerons ensemble avec les codes textuels qui produisent l’autorité et le sens, construisant les textes qui nous permettent de parler et de nous révolter. L’atelier d’écriture devient une performance de lecture et de résistance collective.

Les textes lus ici sont issus du deuxième atelier, qui a eu lieu à l’espace Khiasma le 12 mai 2018.

 

« Le jour tombe à nouveau, encore somnolent d’herbes filles et d’ennui. »

— Etaïnn Zwer

 

« There was a mistake made / Oserais-je dire / On the day I was born »

— Paulien Baujard

 

« Elle ne fait rien de spécial, c’est juste qu’elle affiche à quelle point elle aime baiser … »

— Lise Terdjman

 

« Je veux un rouge à lèvres rouge profond rouge sang quand mes canines se plantent dans ta peau comme ma masculinité… »

— tuxedo masc

 

« Je suis dans ma période femme fatale. »

 — Florence Moch

 

« J’ai besoin d’abandonner le je ; j’irai à la philosophie afin d’effectuer cet abandon. »

— Claire Finch

 

« Jour trois. La chaleur et la moiteur du mois de mai chaque année. »

— Mélanie Blaison

 

« Il n’y a de folie que comme instant dernier de l’œuvre. »

— Dom Lefèvre

 

« Règlement intérieur. Ça me démange. Titre 4. Fonctionnement de l’université. »

— Clélia Barbut

 

« observation. couloir – elle charge fatalement l’objet d’impressions subjectives. »

— Larissa Cluzet

 

« Parce que mon monde est queer et féministe, je ne passerai pas par les trois villes qui sont Adorable, Divine, Ma Chère. »

— Manon Burg

 

« L’autorité ? / J’ai déjà dit à plusieurs reprises ce que la France propose : par rapport à l’anarchisme… »

— Alexandre Paty

 

*Lisa Robertson,  3 summers

Enregistré le 12 mai 2018 à l'espace Khiasma par l'équipe de la R22 Tout-monde.

AKIMBO : SEX IS. Art queer et activisme culturel à San Francisco, 1989-1991

 

Le collectif Boy with Arms Akimbo / Girl with Arms Akimbo, formé à San Francisco en 1989 en réaction à l’annulation de l’exposition de Robert Mapplethorpe à la Corcoran Gallery et dans le contexte meurtrier de l’épidémie du SIDA, a couvert pendant deux ans le paysage urbain de posters photocopiés questionnant les passants sur leurs représentations des sexualités. Reconnu.e.s à l’époque comme activistes culturels et invités en tant qu’artistes par l’institution (San Francisco Arts Commission Gallery, Berkeley Art Museum, Drawing Center New York), l’engagement politique du groupe s’est formalisé par des inventions plastiques marquantes qui s’inscrivaient dans l’appropriationnisme et la critique institutionnelle. Leur propos résolument pro-sexe, leur refus de nommer un.e porte-parole ou de sortir de l’anonymat jusqu’à aujourd’hui, leur volonté de conserver leurs inventions visuelles en copyleft afin de permettre au plus grand nombre de s’en saisir, en font un cas d’étude passionnant pour la définition d’un art queer qui valorise le collectif et l’élaboration de représentations diversifiées des corps et des sexualités.

 

Née en 1979, Isabelle Alfonsi est diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de University College à Londres. Depuis novembre 2009, elle co-dirige Marcelle Alix, galerie d’art contemporain située à Belleville. En 2014-2015, elle élabore un cycle de conférences sur le genre et l’art à l’invitation du Crédac-centre d’art contemporain d’Ivry-sur-Seine. Une bourse de recherches du Centre National des Arts Plastiques lui permet de compléter ses recherches sur le groupe activiste Akimbo à San Francisco en 2016, en vue de la publication d’un ouvrage sur l’art contemporain queer (titre provisoire : Pour une esthétique de l’émancipation) à paraître aux éditions B42 en 2017.

Enregistré le 5 décembre 2016 à l'École du Louvre.

Politiques des représentations et des sensations sexuelles : épistémologie des porn studies

Un nouveau courant d’étude des représentations sexuelles – les porn studies – émerge dans les années 1980 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, sur les cendres encore chaudes des sex wars qui opposent mouvements anti-pornographie et mouvements anti-censure. Du nu artistique au spam porno, les porn studies prennent à bras-le-corps toutes les formes de représentation sexuelle, sans distinction moraliste ou élitiste. Sans se limiter à l’objet culturel « pornographie », elles renouvellent plus largement les approches féministes des dimensions sexuelles de la culture populaire, des technologies de communication et des industries culturelles et créatives. Nous reviendrons d’abord sur deux moments fondateurs des porn studies : la photographie de l’hystérie de Jean-Martin Charcot vue par Linda Williams et les photographies de nus noirs masculins de Robert Mapplethorpe vues par Kobena Mercer. La présentation de recherches contemporaines sur la pornographie en ligne nous permettra ensuite de comprendre comment les porn studies se déplacent aujourd’hui des enjeux de représentation vers les questions d’affect et de redistribution.

Directeur de l’ouvrage « Cultures pornographiques. Anthologie des porn studies » (Éditions Amsterdam, 2015), Florian Vörös enseigne la sociologie de la culture et de la communication et a réalisé une thèse sur les usages de la pornographie et les constructions de la masculinité à l’IRIS-EHESS.

Enregistré le 4 juin 2015 à l'École du Louvre.