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J’espère que tu vas bien. Je vais commencer cette correspondance par te raconter comment et pourquoi je suis arrivé en France et te le raconter en langue amazighe. Ça va faire 6/7 ans que je ne parle plus la langue amazighe.

 

Je suis arrivé en France en 2001, j’avais eu mon bac d’Art plastique à Oujda, après je me suis inscrit à l’université de Oujda en droit. Cette filière ne me plaisait pas. Par la suite j’ai postulé alors pour mes études en France.

 

J’ai envoyé mon CV et mon dossier aux écoles d’art de Bordeaux et de Lyon.

 

En 2001 les écoles des beaux-arts de Bordeaux et de Lyon m’avaient contacté.

 

On m’a envoyé une convocation pour passer le concours des Beaux-Arts en France. J’ai fait une demande de visa par la suite au consulat de France à Tanger.

 

Ils ont accepté le dossier et j’ai eu mon visa pour la France en avril 2001. Lorsque je suis arrivé en France le 21 avril j’ai passé une semaine à Bordeaux où j’ai passé mon concours d’entrée à l’école des Beaux-Arts, mais ça n’a pas marché. Par la suite, je me suis inscrit dans une école d’art appliqué, L’EDAG, j’y suis resté 3 ans dans cette école et j’ai finalement passé un diplôme, ensuite je me suis inscrit en histoire de l’art à l’université de Bordeaux, mais mon rêve était d’intégrer une école des Beaux-Arts.

 

J’ai envoyé mon dossier à l’école d’art de Valence… En 2005 j’ai passé le concours à l’école des beaux-arts de Valence où j’ai été reçu et j’ai passé mon diplôme d’art plastique au bout de 5 ans. Je me rends compte que je te parle, mais pas en langue amazighe, c’est étrange et compliqué pour moi de pratiquer cette langue et faire une correspondance en Amazigh, ce n’est pas évident…

 

C’est drôle, des fois, par téléphone je parle à mon père et il trouve que j’ai du mal à trouver mes mots, et ça m’arrive de ne plus retrouver les mots de ma langue, et mon père de me dire que j’ai du mal à trouver mes mots. Ça m’est arrivé de me rendre au Maroc pour mes projets artistiques et dans ce moment-là tout me revient, mes mots, ma langue…

 

C’est vrai que la première fois que je t’ai rencontré tu m’as dit que tu étais originaire du nord du Maroc, du Rif et que tu parlais la langue amazighe, j’étais surpris d’apprendre cela. Ce n’est pas évident, on n’arrive pas finalement à parler quand on est loin de son pays, de son village. La prochaine fois je parlerai plus longuement en langue amazighe, c’est promis, si toi aussi tu peux parler dans cette langue amazighe.

 

Si tu peux me parler en berbère je te répondrai dans cette langue… voilà.

 

Ça serait le point de départ de cette correspondance, on pourrait parler de plein de choses : du beau temps, de l’art… je ne sais pas de ce que tu veux… juste pour démarrer cette correspondance. N’hésite pas à me parler en langue amazighe et je te parlerai en amazigh. À très bientôt Fadma, au revoir.


Réalisé par Badr Hammami et Fadma Kaddouri pour L’appartement22

Une transcription traduite en arabe sera très prochainement disponible sur le site

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